France Indoor CJS
2013 FR Indoor CJS_200France indoor de Saint-Jean-de-la-Ruelle
04/02/2013
  Une nouvelle formule qui fait l’unanimité dans l’Absolu

La nouvelle formule des championnats de France indoor a été inaugurée à Saint-Jean-de-la-Ruelle ce week-end : plus de dix courses par patineur qui s’enchaînent sur deux jours, du tour chrono à la poursuite par équipe. Deux jours pleins donc. Aux dires d la majorité des participants et du public, ces championnats de France indoor ont fait en général l’unanimité.

2013 France Indoor ABSOLU_ RESULTATS

C’est le début de l’après-midi à Saint-Jean-de-la-Ruelle. Tandis que les membres du ROCS s’activent en coulisse, sous la baguette de Vanessa Lorenzi, les patineurs s’apprêtent à effectuer, les uns après les autres, leur tour chrono décisif. Le temps qu’ils auront réalisé leur permettra en effet de se positionner pour le tournoi de vitesse, la première épreuve de ces championnats de France indoor Absolus nouvelle formule…

Le tarmac du gymnase Maurice Millet était en fait ouvert aux tests de roues dès le matin : pour ne pas trop encombrer les virages du petit anneau, il avait été prévu que les compétiteurs fassent leurs essais catégorie par catégorie. Pendant ce temps-là, les officiels peaufinaient une dernière fois un protocole exigeant (une bonne dizaine de courses par patineur) et qui devait prendre l’ensemble des acteurs pendant deux jours bien pleins !

L’indoor est un exercice très technique. C’est d’ailleurs dans ce sens que le rendez-vous des championnats de France hivernaux doit être compris : faire travailler les athlètes sur leurs bases, les obliger à se perfectionner dans les croisés et à se tenir sur leurs appuis. Le gymnase Maurice Millet présentait cette double particularité d’avoir un revêtement très « grippant » et déposé sur une structure alvéolée permettant de petits décrochages. On a donc vu dès samedi matin des patineurs déraper quelques microsecondes, mais être capables de se rattraper pour se relancer immédiatement. Dès lors, les théories fusèrent : fallait-il commencer à croiser dès l’entrée du virage ou au milieu ? Pouvait-on engager une foulée en ligne droite, au risque d’entrer dans le virage trop vite ?

 Un podium vitesse femmes inédit

Après avoir éclairci ces questions, les patineurs se présentèrent les uns derrière les autres sur la ligne de départ pour leur tour chrono. L’honneur d’inaugurer la piste est revenu à Justine Aymonin du Nancy Roller Vitesse. La jeune Lorraine n’a pas pu contrarier les plans des favorites, notamment de Gwladys Brunelière (ALCBB), de Clémence Halbout (2APN Avon) ou encore de Morgane Brochard (ALCBB), les plus rapides, qui ont stoppé le chrono très proche des 9 secondes. Chez les hommes, on notera pour l’anecdote que Quentin Giraudeau (ALCBB) a pris son temps pour boucler son premier chrono (22 heures, pas moins !), mais qu’il a décroché un temps canon lors du deuxième, sous les 9 secondes. Là n’était pas l’important, même si ces temps permettaient d’être tête de série (ou pas), pour le tournoi de vitesse qui suivait.

L’important, c’était surtout de se classer parmi les 32 premiers afin de pouvoir se hisser dans la meilleure division possible (1 pour les plus rapides, 4 pour les moins rapides) et prendre le départ du tournoi de vitesse (4 tours). L’important, c’était aussi et surtout de s’extraire du tournoi de vitesse pour se hisser vers les demi-finales et les finales. Un parcours semé d’embûches, duquel sont très bien sortis une Coralie Praud (ALSS) et un Raphaël Planelles (Villetelle) impressionnants de vitesse, ou encore une Clémence Halbout (2APN Avon) et un Valentin Joyaux (MSC) tout en maîtrise.

La finale de vitesse chez les femmes allait réserver son lot de surprises. On sentait Coralie Praud capable de réaliser l’exploit de s’imposer alors qu’elle n’est encore que Cadette : ses patins n’ont pas tremblé. Voir Jessie Fernandez (ALVA) et Maëlann Le Roux (RAC de Saint-Brieuc) décrocher la médaille d’argent et la médaille de bronze relève de la grosse cote, quoique… Les trois Cadettes sont réputées pour leur rapidité, c’est certain. Elles ont eu du cran face aux Elites, c’est sûr. Et c’est aussi la raison pour laquelle la formule des championnats de France Absolus est si haletante !

Valentin Joyaux passe par toutes les émotions en finale de la vitesse

A l’inverse, la hiérarchie a été respectée chez les hommes puisque Valentin Joyaux s’est imposé dans « sa » salle d’adoption, devant « son » public. Le Ligérien est pourtant passé par quelques émotions. On sentait bien la tension au départ de la finale, en témoignent les faux-départs habituels… Quand, au sortir du premier virage, Valentin Joyau est sorti de la nasse, on sentait que rien ne pouvait l’arrêter désormais. Mais derrière, ça bataillait pour la médaille et Elton De Souza (RPM), prenant trop de risques, alla jusqu’à taper un plot à l’entrée d’un virage, se mettant hors course.

Dans la foulée, le plot était lui aussi « hors course », déplacé vers le centre de la salle, ce qui laissait les patineurs avec comme seul repère dans le virage une marque de feutrine rouge : Valentin Joyau, tendu vers le titre, mit le pied là où il ne fallait pas (c’est-à-dire à l’intérieur), induit en erreur par un deuxième repère rouge peint au sol. A sa décharge, ses poursuivants firent logiquement de même. Vainqueur sans conteste sur la ligne, son visage barré par un large sourire, il se fit d’abord déclasser par les juges, mais lui tout seul… On imagine bien sa déception – et celle de ses nombreux supporters – et la petite injustice ! L’euphorie de la finale avait été telle pour tout le monde : il fallait laisser la tension retomber un peu. Après quelques minutes de réflexion, le corps arbitral rétablit le champion dans son maillot, tandis que le très véloce Raphaël Planelles prenait la deuxième place devant Nolan Beddiaf (RIL Lamballe). Justice était faite !

Les courses de fond en deux actes

Les finales de fond (15 tours) se sont en fait courues le lendemain, comme prévu dans le programme. Il faut dire que le protocole avait prévu pas moins de quatre séries chez les femmes et huit chez les hommes ! Globalement, les séries ont vu sortir les favoris, qui se sont contentés de contrôler : Aurélie Duchemin (ALCB) dans la série 1, Clémence Halbout dans la série 2 devant Morgane Brochard (ALCB) et Coralie Praud, Marie Poidevin (RAC de Saint-Brieuc) dans la série 3 par exemple.

Idem chez les hommes, où Valentin Joyau a pris le dessus sur un très bon Axel Fromentin (ALCB) dans la série 1 ; on a vu Dylan Duguet (ROBB) se mettre en jambes et contrôler Benjamin Pierre-Jean (Bouaye) dans la série 2, Tomy Lépine (MSC) prendre le large devant Darren De Souza (RPM) et le héros local Damien Soncarrieu (ROCS) dans la série 3, Yann Guyader (MSC) gagner devant Elton De Souza (RPM) dans la série 4 ou encore Raphaël Planelles suivre Cédric Llorca (2APN Avon) et Kévin Duguet (ROBB) dans la série 5 après avoir réalisé un départ canon.

Les trois dernières séries n’ont pas été plus surprenantes : Nolan Beddiaf se qualifiait en première position devant Edwin De Souza (RPM) en série 6, Quentin Giraudeau (ALCB) faisait de même devant Pierre-Yves Péridy (POL Longjumeau) en série 7. Il était 22 heures quand la huitième et dernière série prit son envol. Galaad Belbéoc’h (GROL de Vannes), très en forme à l’entraînement ces dernières semaines, ne s’en laissa pas compter pour aller chercher une victoire de confiance… Nous reviendrons plus tard sur l’épilogue de ces courses de fond, étant donné que le protocole du lendemain prévoyait aussi des courses de demi-fond (12 tours) et des poursuites par équipe (sur 12 tours également)…

Un départ lancé pour la course à élimination (finale fond)

Retour au gymnase Maurice Bellet le lendemain matin pour 8h donc. Dehors, l’hiver se faisait sentir et les parebrises de voitures étaient bien gelés. Heureusement, le temps était très clément à l’intérieur (si l’on excepte les rafales de vent créées par le passage des patineurs et qui produisent leur petit effet sur les spectateurs). L’intérêt du site de Saint-Jean-de-la-Ruelle tient aussi dans le fait que tout est regroupé sous un même toit : les salles se juxtaposent, celle des compétitions, celle de l’échauffement, celle des repas… Ce n’est pas le moindre des avantages quand on organise une telle compétition début février !

Pour garantir un minimum de suspense, le programme avait été pensé de sorte que les grandes finales de division 1 devaient survenir un peu plus tard dans la journée. Il a donc d’abord fallu passer par toutes les petites finales de la course de fond, en l’occurrence à élimination (sur 20 tours pour les divisions 4, 3 et 2), avant de pouvoir assister aux deux grandes finales de division 1 (sur 30 tours).

Encore une innovation que cette course à élimination : les patineurs étaient placés par ordre de classement dès la chambre d’appel, en fonction de leurs résultats du samedi. On leur demandait d’entrer sur la piste dans cet ordre et de se mettre à rouler dans la foulée – en s’épargnant donc un quelconque départ arrêté. C’était au juge de départ de signifier que la course était partie pour de bon en sifflant quand bon lui semblait, dans une fenêtre de trois tours. L’idée était de donner encore plus de rythme à la course et d’obliger les compétiteurs à imaginer une nouvelle stratégie de départ.

Quentin Giraudeau, impeccable, empoche le général

Revenons aux résultats un instant pour évoquer ceux du demi-fond et ceux du fond. La surprise est venue de Quentin Giraudeau, impeccable de maîtrise lors des deux finales, notamment celle du fond. Le Ligérien, qui n’est que Cadet, a en effet survolé les 30 tours, à peine étonné de voir revenir Tomy Lépine à 10 tours : il en a profité pour se caler quatre tours dans sa foulée, se refaire une santé et repartir de l’avant à 6 tours du but. Dans cette course, Tomy Lépine s’est adjugé la deuxième place et Valentin Joyau la troisième.

Rebelote ou presque en finale du demi-fond, où seul Elton De Souza (RPM) est parvenu à contester la suprématie de Giraudeau. L’un dans l’autre, c’est aussi justice rendue, étant donné que De Souza a beaucoup tenté tout le week-end, touchant le plot en vitesse et en fond… Il a pris des risques également en finale du demi-fond, mais cette fois-ci, ça a payé ! Giraudeau impeccable deuxième et le surprenant Dylan Duguet (ROBB) troisième sont venus compléter le podium. Les deux Cadets ont longtemps dû ronger leur frein derrière un Nolan Beddiaf tout en roublardise dans ses trajectoires, jusqu’à la cloche en fait… Avec l’or en fond et l’argent en demi-fond, Quentin Giraudeau monte donc sur la plus haute marche du classement général Absolu.

Les champions du MSC en or sur la poursuite

Pour finir sur Quentin Giraudeau (mais on n’en a certainement pas encore fini avec lui !), faisons tout de suite le point sur la poursuite hommes. Au terme d’un tournoi intéressant et serré, les clubs de Bouguenais et du MSC sont parvenus à sortir de l’ornière pour se confronter en finale et postuler au titre suprême. Sur le papier, le MSC présentait des atouts indéniables : Valentin Joyau, Tomy Lépine et l’épouvantail Yann Guyader comme à la parade. En face, une équipe de « petits jeunes » avec comme leader Quentin Giraudeau, mais aussi Ronan Urien et un excellent Axel Fromentin.

Malheureusement, cette finale s’est jouée assez tôt, quand Fromentin est tombé… laissant la porte grande ouverte aux champions du MSC. Comme nous sommes assez joueurs, nous aurions voulu savoir ce que la course aurait donné si Fromentin n’était pas tombé. Mais on retiendra aussi que Yann Guyader n’en a pas fini avec son histoire de sportif de haute volée, et c’est une autre bonne nouvelle ! Pour être tout à fait complet quant à cette poursuite, notons que les trois frères De Souza réunis se sont fait chiper le bronze par l’équipe des 2APN d’Avon, rassemblant Guillaume De Mallevoue, Cédric Llorca et Thomas Barcker.

Pibrac aux avant-postes chez les femmes

C’est assez exceptionnel pour être souligné : le club du RS Pibrac compte dans ses rangs pas moins de cinq Elites femmes (et encore, toutes n’étaient pas présentes à Saint-Jean-de-la-Ruelle…). Pas étonnant donc de voir le club aux avant-postes dans toutes les finales du dimanche. Preuve du niveau et de la cohésion qui existent dans ce club, Ysia Clausses, Juliette et Margot Pouydebat ont pris le titre en finale de la poursuite devant une équipe de Bouguenais loin d’être facile à surprendre (Déborah Marchand, Morgane Brochard et Gwladys Brunelière). Et c’est le trio du RAC Saint-Brieuc (Marie Poidevin, Maëlann Le Roux, Coline Zimmerlin) qui s’est adjugé la médaille de bronze grâce à une tactique solide et face à l’équipe de l’AL Saint-Sébastien, qui a perdu Coralie Praud en route à cause d’un problème technique.

Pour en revenir à notre fil conducteur, on peut dire qu’Ysia Clausses n’était pas loin du titre en demi-fond également. C’est vrai que la médaille d’argent est déjà une belle récompense. Devant, Clémence Halbout n’a montré aucun signe de faiblesse : la Francilienne a déroulé les virages avec une précision et une cadence de métronome. Ysia Clausses n’a pu la suivre qu’à distance. Dans cette même finale, Juliette Pouydebat s’est fait souffler la médaille de bronze par la toute jeune Morgane Brochard. C’est la coéquipière de club de cette dernière, Déborah Marchand, qui a pris l’or en finale du fond, démontrant dans cette course qu’elle était quand même un cran au-dessus. Le club de Pibrac ? Il a évidemment placé quelqu’un sur le podium, en l’occurrence Juliette Pouydebat, sur la troisième marche. Devant, Clémence Halbout prenait l’argent et s’adjugeait aussi le classement général.

Bilan : des confirmations, des révélations, des satisfactions

Dans une salle à l’accroche parfaite, les quelques 170 patineurs présents ont trouvé leur compte. Si la plupart des Elites ont montré qu’ils avaient le contrôle des finales de première division, des Cadets ont pointé le bout de leur nez et l’enthousiasme était réel dans chacune des autres (« petites ») finales de deuxième, troisième ou quatrième divisions. On s’est battu (avec fair-play) pour sortir des séries, voire pour essayer de remonter dans les divisions. En somme, l’enjeu était réel à tous les étages de la compétition. Et globalement, les spectateurs ont pu voir des courses de qualité, un suspense haletant jusqu’au bout et un niveau technique d’ensemble très satisfaisant.

Des confirmations, il y en a eu. On a vu des clubs très structurés capables de préparer des athlètes pour une telle échéance avec beaucoup de précision : citons notamment, au risque d’en oublier, les clubs de Pibrac, de Bouguenais, de Saint-Sébastien, du RPM, du MSC ou encore du RAC de Saint-Brieuc, les plus visibles. Les individualités ont de même répondu présent, comme par exemple Valentin Joyau, qui avait souligné ce rendez-vous d’un trait rouge sur son calendrier. On a pu apprécier quelques surprises, mais en était-ce vraiment, comme par exemple l’éclosion de Coralie Praud en vitesse ou de Quentin Giraudeau en fond. Et puis, encore une fois, il faudra tirer un grand coup de chapeau au club du ROCS (et à la ligue du Centre), qui ont montré leur dynamisme et leur « professionnalisme » tout au long de ce week-end de championnat de France. Merci à eux !

Dernier clin d’œil, et non des moindres, à l’attention des sept juges qui ont officié tout le week-end en quasi non-stop et du secrétariat qui a suivi à distance. Un rapide décompte nous amène à 16 heures de présence sur un jour et demi, en tout et pour tout, pour chacun d’eux ! Sans ces grands superviseurs, qui ont tenu leurs paires d’yeux rivées sur chaque plot, qui ont chronométré parfois au dixième ou qui ont édité les feuilles de résultats à la pelle, ces championnats de France n’auraient pas été aussi réussis, forcément !

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