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Interview avec Yann Guyader : « J’ai toujours l’envie de patiner ! » Version imprimable Suggérer par mail

img_2579_-_copieIl l'a (re)-fait ! Pour la quatrième fois dans sa carrière, Yann Guyader est allé conquérir un titre de champion du monde. Quatre maillots arc-en-ciel gagnés lors de quatre championnats différents et ce maillot en particulier, acquis après deux ans d'absence à ce niveau de compétition. Ces quelques détails en disent long sur le personnage et son talent. Dans cette interview, Yann revient sur les championnats du monde de Yeosu, évidemment ; il évoque également son futur proche et lointain, et nous confirme qu'il a toujours l'envie de patiner. Ses supporters seront ravis de l'apprendre !

 

Yann, tu seras sans doute d'accord pour dire que ce qui compte, dans la carrière d'un sportif de haut niveau, c'est justement d'aller chercher le plus haut niveau : or, c'est ce qui s'est passé à Yeosu, où tu es devenu champion du monde pour la quatrième fois depuis que tu es Senior...

 

Effectivement. Quand on gagne un titre de champion du monde pour la première fois, on éprouve une immense joie : c'est vrai que c'est quelque chose qu'on a envie de réussir au moins une fois dans sa vie ! Cette fois-ci, après avoir passé la ligne, j'ai moins éprouvé de la joie qu'une satisfaction correspondant à un aboutissement. Ce quatrième titre, c'est l'achèvement d'un travail de longue haleine, c'est le fil conducteur de toute une saison. Je me dis que tout ce que j'ai fait cette année, je ne l'ai pas fait pour rien. Il ne faut pas seulement voir les entraînements qu'il y a derrière, mais aussi la rigueur quotidienne, les efforts sur le plan nutritionnel, concernant l'hygiène de vie, notamment le sommeil... Gagner, cela tient aussi à ce genre de détails.

 

 

Ce titre s'est véritablement joué dans les derniers tours, puisqu'à moins d'un kilomètre de l'arrivée, vous étiez encore trois à pouvoir gagner cette course à points...

 

En fait, j'ai mis en place une tactique inverse de celle que j'avais développée sur piste pour ma première course. Quelques jours plus tôt, j'avais attaqué dès les premiers tours, mais je m'étais fait piéger par la suite. Là, je savais en plus que je pouvais jouer sur le fait qu'il n'y avait pas d'élimination... C'était sûr que quelqu'un essaierait de partir très tôt, comme je l'avais fait sur piste : quand le Néerlandais Crispijn Ariens est parti, j'ai donc attendu. J'étais dans le deuxième rideau... Je me suis découvert quand nous sommes revenus sur lui et j'ai pu marquer des points sans pour autant « piocher » dans mes réserves. C'est ce qui m'a permis de garder des forces pour la fin et de placer ce dernier sprint qui a fait la différence !

 

 

Sur le podium, on sentait une sorte de joie réservée venant de ta part, un sourire de satisfaction et de sérénité. Pourtant, tu nous as fait vivre une semaine haute en rebondissements. Comment gères-tu tous ces événements ?

 

Il faut bien dire que dans ma tête, c'était ma dernière course en championnat du monde : je me disais donc que je n'avais pas le choix ! Jusqu'alors, j'avais vraiment l'impression que le sort s'acharnait contre moi : une chute, une disqualification... C'est beaucoup ! Mais en même temps, j'avais confiance en mes possibilités, je savais que j'étais compétitif. Alors effectivement, sur le podium, je n'exprime pas toute la joie possible. Mais ce titre arrive à la fin d'une sorte de chemin de croix. J'étais un peu usé mentalement et physiquement. C'est ce qui explique qu'on voit moins de satisfaction sur mon visage...

 

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Ce titre, que signifie-t-il pour toi ?

 

Grâce à ce titre, je pars de l'équipe de France la tête haute. C'est l'aboutissement d'un chemin personnel, d'un travail fait en amont, d'une préparation que j'ai commencée cette saison en Colombie. Bien entendu que je respecte l'équipe de France mais je ne m'en faisais pas une mission. Grâce à cette médaille d'or, en tous les cas, je vais dans le bon sens, que ce soit à titre personnel ou pour le collectif France !

 

 

Tu as aussi partagé une médaille d'argent avec Ewen Fernandez et Brian Lépine sur l'américaine...

 

C'est bien de me mettre en avant, mais je n'aurais pas gagné la médaille d'argent sans Ewen ni Brian ! L'américaine, comme son nom l'indique, c'est un travail d'équipe. D'un point de vue personnel, je me sentais détendu, étant donné que j'avais mon titre en poche. Je partais donc avec en tête l'idée d'aider mes deux coéquipiers et de partager une nouvelle médaille. Ce n'était pas gagné d'avance, car nous sommes sortis difficilement des séries : une telle course porte toujours en elle sa part d'aléas. Ensuite, en finale, nous avons tous fait notre part de travail avec nos moyens propres. Objectivement, nous savions que les Colombiens seraient difficiles à aller chercher : la deuxième place nous réjouit donc entièrement ! C'est la première fois que Brian monte sur le podium et qu'Ewen gagne l'argent à ce niveau de compétition : pour tous les deux, il s'agit d'une transmission de témoin en quelque sorte. Dans de bonnes conditions qui plus est ! Nous avions déjà gagné le titre au championnat d'Europe : ce nouveau podium nous a donc fait énormément plaisir.

 

 

Comment s'est passé ton retour en France ?

 

Mon retour en France s'est passé dans l'anonymat. Ca a été quelque chose de simple, à l'image de ce qu'est notre sport finalement... Pas de fête, pas de médias. J'ai partagé mon titre avec mon président de club, Nordine Saïdou, la troisième sociétaire du Metallo Sport Chantenaysien, ma femme Cecilia [Baena], n'étant pas en France actuellement. Le fait d'avoir eu les « honneurs » de l'Equipe au travers d'une brève publiée le 7 septembre ne constitue pas pour moi une reconnaissance quelconque : je dirais juste que c'est bien pour notre sport si, grâce à mes résultats, nous pouvons avoir une ouverture dans les médias.

 

 

Il y a toujours une suite à un tel événement : comment s'écrira-t-elle pour toi ?

 

Cette année, je réalise ce qui ressemble à ma meilleure saison. En marathon, je n'ai pas fait moins bien que deuxième. Avec mon équipe, je gagne les 24 Heures du Mans. Je repars titré des championnats d'Europe et des championnats du monde. Mais je ne peux pas me reposer sur mes lauriers pour autant. Mon futur proche est bien chargé et il me reste quelques challenges alléchants en perspective. Je pense tout d'abord au marathon de Berlin, que je n'ai jamais gagné : Bart Swings, Joey Mantia ou encore Fabio Francolini seront là, ce qui rendra la course d'autant plus attrayante ! Dans quelques jours, je pars pour Duluth courir un autre marathon. D'ici à la fin de l'année, il me restera celui de Cologne et la finale de la Coupe du monde en Chine, à Haining. Je me dois donc de rester concentrer afin d'achever ma meilleure saison !

 

 

En 2012, les championnats d'Europe se tiendront en Espagne et les championnats du monde en Italie : ça donne forcément des idées, non ?

 

Oui forcément. Par exemple, j'ai envie de courir le marathon des championnats du monde en Italie, car c'est le seul titre que je n'ai pas encore gagné et que c'est effectivement tout près de la France... Mais d'un autre côté, être en équipe de France demande quelques sacrifices que je ne suis pas certain de pouvoir consentir à nouveau : par exemple, cette année, je suis resté trois mois sans voir ma femme, Cecilia... C'est pour cette raison que j'annonce ma retraite de l'équipe de France, sauf à faire cette course d'un jour. Je me vois cependant encore patiner un an ou deux, car j'ai toujours l'envie. Je voudrais essayer de battre le record du monde de l'heure : je vais m'y atteler cet hiver en altitude, en Colombie. Ensuite, il me tient à cœur de gagner à nouveau les 24 Heures du Mans et de faire descendre le record du tour sous les 5'45. Il me reste encore des choses à accomplir dans le roller !

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Merci Yann. Et donc bonne chance pour ces futures échéances !

NDLR : depuis cette interview, Yann Guyader a gagné en solitaire le marathon de Duluth avec plus de 5 minutes d'avance sur un groupe de quelques patineurs emmenés par Joey Mantia suivi par Felix Rijhnen, Juan Nayib Tobon et Scott Arlidge !

 
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